La question du végétarisme


La question du végétarisme.

La question du végétarisme a toujours alimenté les fantasmes, les peurs et les comportements de la société. Cette question est liée à notre rapport ambivalent vis à vis de l’alimentation et surtout, de la Nature.

Ahimsa
Hiérarchisation du vivant face à l’Harmonie de la Nature

Notre société nous a inculqué une notion très simple. Nous sommes au sommet de la chaîne alimentaire…

Nous sommes persuadés d’avoir le pouvoir de dominer la Nature, au sens le plus large du terme.

Nous pouvons donc consommer tout ce qu’il est possible et imaginable de manger, quelle qu’en soit d’ailleurs la qualité…

L’INSEE a mesuré nos habitudes de consommation.

Ainsi, la viande rouge est un aliment dont les ménages se détournent depuis les années 1990. (1)

Les crises de la vache folle des années 1996 et 2000 auraient pu expliquer cette baisse.

Pourtant le paradoxe est le suivant:

Depuis cette même période, il apparait que la consommation de poissons et viandes préparées, est en très forte augmentation. (1)

Aujourd’hui, dans une société qui nous réclame d’être entièrement disponible, au service de la productivité, s’alimenter est devenu un acte purement mécanique.

Nous mangeons pour pouvoir être productif !

Comme le temps nous manque, puisque nous devons être toujours plus productif, nous mangeons des aliments et des plats, préparés !

Le fait que le produit soit désormais transformé et préparé, de façon à ce qu’il soit prêt à consommer, éloigne d’autant plus chaque consommateur de la réalité de ce qu’il consomme.

L’aliment est devenu une matière. Pourtant, ce qui se trouve dans ton assiette était autrefois, un Être vivant…

La Nature nous offrait pourtant l’occasion, lors des crises dites de la vache folle, de revoir notre relation avec l’alimentation et surtout, notre relation avec le vivant.

La façon dont je me nourris détermine mon rapport avec le monde.

C’est à ce moment que le végétarisme aurait dû prendre sa place, dans la conscience collective.

Il faut d’ailleurs savoir qu’être végétarien ne signifie pas manger uniquement, des carottes ou de la salade…

Un végétarien, des végétariens.

En effet, parmi les végétariens, il existe plusieurs « courants ».

TYPE DE VEGETARISME Chair animale et sous-produits d’animaux abattus Lait et dérivés Œuf et dérivés Miel et dérivés Champignon, Levure et dérivés Plantes, Végétaux et dérivés
Ovo-lacto-végétarisme non oui oui oui oui oui
Lacto-végétarisme non oui non oui oui oui
Ovo-végétarisme non non oui oui oui oui
Végétalisme non non non non oui oui
Crudi-végétalisme non non non non oui, mais uniquement crus oui, mais uniquement crus
Fruitarisme non non non non non oui, mais uniquement les fruits et pas les plantes dont ils sont issus

Me concernant, j’ai longtemps consommé de la viande, beaucoup de viande.

Pourtant, j’ai un jour ressenti une grande peine lorsque j’ai réalisé que ce que je mangeais, pouvait être un Être vivant, un agneau, un veau…

Depuis, je refuse catégoriquement de manger ces animaux !  

Jamais je ne consentirais à sacrifier au corps humain la vie d’un agneau. J’estime que, moins une créature peut se défendre, plus elle a droit à la protection de l’homme contre la cruauté humaine. Mahatma Gandhi

Récemment, c’est mon corps qui s’est exprimé ! Je refuse de consommer un quelconque animal. Il n’y aucun besoin d’intellectualiser cette nouvelle sensation, qui s’est exprimée peu après le jour où j’ai ressenti que le Yoga pouvait me rendre meilleur. Je ne peux physiquement plus ingérer un aliment mort, le cadavre d’un Être vivant…

La façon dont je me nourris détermine mon rapport avec le monde.

Pour moi, c’est très simple, mon corps et mon cœur se sont exprimés, ma raison s’incline face à l’amour.

Néanmoins, tous ne vivent pas ce que j’ai expérimenté. Il existe pourtant de grandes raisons de changer son alimentation.

Pourquoi être végétarien.

  • Par principe.

photo: Kim Yeshi
Ahimsa

Le premier des Yamas (règles morales pour être en harmonie avec le vivant) du Yoga est Ahimsa (2).

अहिंसासत्यास्तेय ब्रह्मचर्यापरिग्रहाः यमाः ahiṁsā-satya-asteya brahmacarya-aparigrahāḥ yamāḥ Respect for others (yama) is based on non-violence (ahimsa); truthfulness (satya); not stealing (asteya); non-covetousness (aparigraha); and acting with an awareness of higher ideals (brahma-charya)

Ahimsa est le principe fondamental de la non-violence qui consiste à ne pas nuire (soi-même, les autres et la Nature) en pensées, en paroles et en actes.

Ne pas nuire aux Êtres vivants implique évidemment, de ne pas les sacrifier pour pouvoir se nourrir.

Pour ma part, c’est cette révélation intérieure, que la pratique du Yoga m’a fait ressentir, et m’a dégouté de toute chair animale, de tout Être sacrifié.

Néanmoins, ce principe d’amour pour les Êtres vivant et la Nature, n’est pas obligatoirement associé à la pratique du Yoga. Les deux sont souvent liés, mais tu peux très bien te sentir terriblement concerné par la condition des Êtres vivants et le respect de la Nature, sans pratiquer le Yoga.

Si toutefois tu ne peux concevoir de respecter les Êtres vivants et ne plus les sacrifier, pour que tu puisses te nourrir, tu peux en revanche être sensible au devenir de celle qui t’accueille, la planète…

  • Pour la planète.

Les principaux fléaux de notre monde, sont principalement la difficulté d’accès à l’eau douce disponible, l’espace vital, la déforestation massive et l’émission de gaz à effet de serre.

Or, la consommation de viande à un impact direct sur la planète, en participant activement au développement de ces fléaux !

Selon les bases de données, 38kg de viandes sont consommées par habitant et par an ! (3) Je te laisse faire le calcul…

Le GIEC a d’ailleurs formulé des recommandations, suivies par l’ADEME pour réduire l’empreinte carbone des consommateurs d’ici 2030. (4)

Habitudes de consommation et production de gaz à effet de serre.
Habitudes de consommation et production de gaz à effet de serre.

Le constat est éloquent ! La part de production de gaz à effet de serre des aliments issus des Êtres vivants représente et continuera de représenter les 3/4 des émissions de ces gaz !

Soutenir et préserver la planète passe donc par la modification de nos habitudes alimentaires. (5)

Souviens toi de mon article, tu as le pouvoir de changer le monde.

  • Par goût, ou par dégoût.

 

Tout simplement, parce que tu trouves que l’odeur et le goût de la chair morte et du sang, agressent tes sens et ton corps.

Sommes nous d’ailleurs vraiment constitués pour consommer de la chair ?

Pour l’ingérer nous sommes obligés de la cuire, afin d’éviter à notre organisme d’être pollué par la salmonelle (viande) ou l’anisaki (poisson), ou toutes autres bactéries et virus. (6)

Nous sommes omnivores, nous avons donc le choix de manger ce qui convient à notre cœur.

J’ai choisi de croquer la vie et non les Êtres vivants.

  • Croquer la vie.

Les conditions d’abattage des animaux n’est plus à présenter, ces usines de mort causent un réel traumatisme pour ces Êtres, conduits sur le chemin de leurs exécutions.

Outre les différents médicaments, tranquillisants, vaccins dont ces animaux sont gavés, l’état de stress auxquels ils sont soumis, lorsqu’ils sont sur le point d’être sacrifiés, charge leurs chairs de toxines et d’hormones…

Se nourrir d’animaux porte le traumatisme de leurs abattages. Nous ingérons la souffrance de ces Êtres !

Tu imagines que la digestion de ce traumatisme aura évidement des conséquences sur ton corps.

A l’inverse, les fruits et légumes sont composés de soleil, des nutriments de la Terre et de l’eau du ciel.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle ils sont qualifiés d’aliments du bonheur.

Finalement, être végétarien n’est pas une restriction. C’est simplement :

Être en accord avec son cœur afin de vivre dans la joie et la sérénité.

Love&Happiness


(1) http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/ip846.pdf

(2) http://fr.ashtangayoga.info/source-texts/yoga-sutra-patanjali/chapter-2/item/ahinsa-satya-asteya-brahmacharya-aparigrahah/

(3) http://www.planetoscope.com/agriculture-alimentation/579-consommation-de-viande-par-habitant-dans-le-monde.html

(4) https://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/alleger-empreinte-environnement-2030-resume.pdf  – p11

(5) http://www.futura-sciences.com/magazines/environnement/infos/actu/d/developpement-durable-manger-moins-viande-proteger-environnement-44770/

(6) http://www.futura-sciences.com/magazines/sante/infos/qr/d/nutrition-manger-cru-risques-bienfaits-aliments-crus-3103/

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10 réflexions sur “La question du végétarisme

  1. Bonjour Greg,

    Merci pour cet article passionnant !

    J’ai été très touchée en lisant ton expérience du végétarisme et je comprends vraiment bien tes raisons…

    Moi aussi j’ai beaucoup de peine à manger des animaux… Même si le goût de certaines charcuteries flatte beaucoup mon palais, je dois l’avouer… C’est pour ça que je suis en quelque sorte : flex-végétarienne : je mange très peu de produits animaux mais cela peut m’arriver surtout lorsque je suis chez des amis.

    Mais d’un autre côté, quand je mange une salade ou une carotte, je sens qu’il y a aussi de la vie à l’intérieur… Et du coup je me demande : « Que peut-on vraiment manger sans faire de mal ? » Je pense qu’il faut essayer de manger avec le plus de conscience possible et lorsqu’on le peut, de cultiver soi-même ses légumes ou en tout cas de les acheter localement et de saison.

    C’est un sujet très intéressant et qui, en effet, reflète plus largement qui nous sommes et quelles sont nos valeurs…

    A bientôt,
    Claudia de YogaPassion

    Aimé par 1 personne

    1. Bonjour Claudia,

      Je te remercie pour ton message.

      Je suis d’accord avec toi, sur le fait que tout ce qui nous entoure, est fondamentalement, vivant. De fait, qu’il soit végétal ou animal, le produit que nous mangeons est toujours, vivant.

      C’est à ce moment là que je te rejoins totalement lorsque tu dis qu’il faut manger avec plus de conscience. Ce qui est aux antipodes de certains comportements.
      Lorsque l’on a conscience de manger la chair d’un être qui, autrefois, était vivant, on relativise sa gourmandise ou sa propension à se « gaver »…

      Chacun étant libre de ses actes, à mon sens, c’est avant tout l’excès qu’il faut dompter, voir éviter.

      Ensuite, seule la perception de nos actions nous permet de placer le curseur, sur ce que nous considérons comme « bon » ou « mauvais ».

      Là aussi, je te rejoins lorsque tu conseilles de cultiver soi-même, ou de consommer en circuit-court; c’est le meilleur moyen pour prendre conscience de ce que nous mangeons, mais aussi, pour préserver le monde de la sur-production.

      J’ai d’ailleurs lu un jour que, si tu souhaites connaitre une personne, regarde comment il se comporte avec quelqu’un qui ne peut rien lui apporter; j’ai envie d’ajouter, regarde comment il se comporte avec l’espèce animale…

      Au plaisir de te lire.
      A bientôt

      Aimé par 1 personne

      1. Bonjour Greg,

        Je t’ai lu avec beaucoup d’attention, ce sujet est vraiment captivant !
        Alors merci pour ces beaux échanges !

        Je te rejoins sur chacun des points évoqués.
        Et je me réjouis que de plus en plus de personnes s’interrogent désormais sur leurs choix alimentaires.

        J’aime beaucoup la fin de ton commentaire, lorsque tu parles du comportement qu’on a avec les animaux.

        Je t’avoue que je suis toujours un peu surprise quand je vois des personnes qui n’aiment pas les animaux ou qui les méprisent. Ca me rend triste quand j’entends dire des choses comme : « De toute façon, les animaux ne parlent pas, seuls les humains sont dotés du langage ». Mon prof de philo répétait ça et je me souviens que ça me hérissait les poils ! lol.

        Je me disais que ce n’est pas parce qu’on n’utilise pas la même langue qu’eux qu’ils ne communiquent pas. C’est comme si j’allais dans un pays dont je ne parle pas la langue et que j’entendais les personnes s’exprimer dans leur langue et que je disais : »Ah ben, eux, ils se savent pas parler ! »Quelle présomption et quel ego sur-dimensionné nous avons nous les hommes, à nous croire « maîtres et possesseurs de la nature », tu te souviens de cette citation de Descartes ? Ca me rend triste !

        Je n’aime rien plus que caresser un chat ou regarder les insectes batifoler et bourdonner… Et ça me fait penser à une citation que j’avais entendue et aimée :
        « Celui qui aime les animaux aime les hommes ! »

        Du coup, je me demande souvent pourquoi on a décidé de manger certains animaux plutôt que d’autres, par exemple les vaches, les poulets, les porcs…. et pas du tout les chats, les oiseaux… J’ai l’impression qu’on les a « classifiés » par catégorie. Je vais peut être un peu loin mais je dirais :

        1) les « mangeables » ou « consommables »
        2) et les « domestiquables »

        Dans le second cas, je suis souvent choquée quand je vois le comportement de certains « maîtres » avec leur animal, les traitant littéralement comme moins que rien, leur tirant leur laisse avec violence et les enguirlandant sans cesse… Est-ce qu’ils ont un animal parce qu’ils veulent l’aimer et dont ils veulent réellement prendre soin ? Ou est-ce que ce n’est pas plutôt une façon de créer un rapport de domination, en se sentant au moins maîtriser quelque chose si dans le reste de leur vie ils ont plutôt l’impression d’être du côté esclave ou obéissant ?
        Je ne souhaite pas émettre de jugements hâtifs car ce n’est jamais bon, mais j’ai été réellement choquée à plusieurs reprises…

        Je m’épanche un peu et peut-être que tu trouveras toi ou ta communauté mes réflexions un peu stupides… Je prends le risque !

        En tout cas je suis ravie d’avoir découvert ton blog, c’est grâce à Leila de Bliss You qui est une personne formidable et très inspirante…

        Voilà, au plaisir de continuer à échanger avec toi également.
        Claudia de YogaPassion

        Aimé par 1 personne

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